Une réforme absurde et dangereuse !
Après Jan Jambon, c’est désormais au tour de Vanessa Matz d’annoncer une réforme du système de quota de congés de maladie des fonctionnaires statutaires.
Le danger est réel
Et il ne s’agit plus d’une simple hypothèse : la modification du régime de maladie des agents de la fonction publique administrative fédérale figurait déjà à l’ordre du jour du Conseil des ministres du 13 mars 2026.
Une réforme qui fragilise les agents
La ministre propose de supprimer, dès le 1er janvier 2027, la possibilité de capitaliser les jours de congé de maladie non utilisés.
Aujourd’hui, chaque agent statutaire « bénéficie » de 21 jours de congé maladie par an (temps plein), avec la possibilité de constituer une réserve au fil du temps.
Et demain ? Plus de capitalisation. Un système vidé de sa logique de protection.
Si les droits acquis seraient maintenus, les nouveaux agents et les agents dont le quota est épuisé, eux, seront directement pénalisés :
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- maintien du traitement complet limité à 30 jours civils,
- puis réduction à 60 % du salaire.
Une précarisation programmée
Derrière cette réforme se cache une réalité brutale : les agents en maladie de longue durée basculeront beaucoup plus rapidement dans des difficultés financières.
Posons la question clairement : comment faire face à une maladie grave, à des frais médicaux lourds, tout en subissant une perte de revenu de 40 % ?
Personne n’est à l’abri.
Et c’est bien cela l’enjeu.
Une réforme fondée sur des fantasmes
Sur quoi repose cette réforme ? Certainement pas sur les faits.
Les chiffres sont sans appel :
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- 99 % des absences contrôlées sont déclarées justifiées ;
- l’absentéisme est plus élevé dans le secteur privé que dans la Fonction publique.
On est donc très loin du cliché du fonctionnaire « abusant du système ».
Cette réforme est non seulement injuste, mais aussi contre-productive.
Toujours niveler par le bas ?
Oui, le système actuel constitue un avantage.
Et alors ?
Le secteur privé bénéficie de nombreux autres mécanismes : assurances revenu garanti, primes, pensions complémentaires, bonus, voitures de société…
Va-t-on les supprimer au nom de l’harmonisation ?
Évidemment, non.
Alors, pourquoi, une fois de plus, s’attaquer aux droits des agents publics ?
De quelle harmonisation parle-t-on, sinon d’un nivellement systématique vers le bas ?
Une chose est certaine : aucun travailleur du privé ne gagnera quoi que ce soit à cette réforme.
Nous nous opposons fermement à cette réforme
Si ce projet aboutit, les conséquences seront lourdes :
- une fragilisation des agents malades,
- une augmentation probable de l’absentéisme,
- un coût accru pour la Sécurité sociale.
Tout le monde sera perdant.
Notre position est claire
L’UNSP ne restera pas spectatrice.
Nous nous mobiliserons pleinement contre cette réforme pour défendre ce droit essentiel.
Parce que cette réforme est non seulement injuste dans ses effets, mais profondément inhumaine dans ses principes.
La maladie n’est pas un choix. La protection sociale n’est pas un privilège.
Défendre les agents, c’est défendre une certaine idée de la solidarité
